|

|
The
Intelligence "Icky Baby" (In The Red) Deuxième
album pour le groupe de Lars Finberg (A Frames, Dipers) après
le monumental "Boredom & Terror". Enregistré
pour une moitié tout seul et pour l'autre avec son nouveau
groupe (dont des ex-Popular Shapes), "Icky Baby",
frappe fort. On retrouve ces rythmiques écrasées,
ce fracas de drums que le Lars affectionne et traîne comme
ses casseroles favorites et auxquelles il fait subir les rayures
incessantes et grinçantes de guitares et basses aux
mélodies bien mijotées. Des guitares comme des
coups de couteau bien secs dans d'affriolants légumes de
sonorités enfouies...toute une cuisine qui prend vie, feu
doux, feu vif, cuisson, repos, cuisson, brulôts, oui chef,
on envoit! Les instruments sont vieux comme le monde, tout juste
un peu d'électronique pour ne pas manquer les bip et
drones inquiétants du micro-onde, répondre au
timing. Mais l'essentiel reste dans cette formidable économie
de moyens, dans ces recettes-maison testées in vivo, ce
mélange de chair flasque et de tefal qui grésille
dans la paume, ces tabliers multicolores et ces sabots blancs sur
ce carrelage jaunâtre. Il s'agit vraiment d'un labo à
coeur ouvert: la porte du fond est toujours ouverte laissant
venir à l'improviste les curieux attirés par
l'odeur et l'infaillible fracas du métal et du chiffon,
ordonné dans un fatras tellement personnel qu'on se
demande si le chef fera un jour deux fois le même plat.
"This is not a gift", c'est beaucoup plus. Nico.
|
|

|
John
Schooley And His One Man Band
"s/t"
(Voodoo Rhythm)
Ce
premier album solo de John Schooley (Hard Feelings, Revelators)
est un pur disque de blues. Le bonhomme a l’expérience
et le talent nécessaires pour éviter les pièges
qui rendent l’exercice du one man band ennuyeux pour
l’auditeur. Evidemment, slide, harmonica et tambourin sont
de rigueur. Et il triche un peu puisqu’il a composé
moins de la moitié des morceaux. Cela dit, reprendre
Howlin’ Wolf, Rufus Thomas, Billy Boy Arnold, Jimmy Reed
etc. avec une telle dextérité n’est pas donné
à tout le monde. Et puis ne soyons pas de mauvaise foi,
ses propres compos sont également de grande tenue. Ce qui
fait la richesse de ce disque, c’est en grande partie le
superbe travail apporté à la production. Rien de
trash ni de garage, le son et la voix sont clairs. L’atmosphère
reste pourtant à la fois chaude et rugueuse. Schooley
parvient aussi à varier les rythmes et les styles de blues
et il ne s’étale pas (le disque dure 30 minutes).
Bref, on n’a pas l’impression d’écouter
12 fois le même morceau comme c’est le cas chez
d’autres... Un disque énergique qui sent bon le
Mississippi, se serait parfaitement intégré au
catalogue de Fat Possum et réconciliera peut-être
même les plus récalcitrants avec le blues. LL.
|
|

|
The
Fall "Fall Heads Roll" (Slogan/Sanctuary/PIAS) Nouvel
album de The Fall après le fameux "Country on the
click" et la sortie de l'indispensable coffret des Peel
Sessions. "Fall Heads Roll" est un disque de fumistes.
Un disque qui qui se joue de ses auditeurs avec brio. A cet
égard, le premier titre donne le ton: "Ride Away"
est une sorte de reggae-punk minimaliste, nonchalant au possible,
sompteusement décadent et d'un naturel désarmant, à
l'exact opposé des groupes en vogue qui font des pieds et
des mains pour ne finalement entretenir que des stéréotypes.
"Pacifying Joint" sonne comme un "classic rock"
foutraquement détendu puis tordu jusqu'à l'os. Le
Korg bastonne les basses, la batterie suit pendant que la guitare
est déjà partie en éclaireur. "What
about us", têtu, entêtant, furieux avec ces
choeurs en bout de course est suivi immédiatement par le
délicat et nocturne "Midnight Aspen" et ses
entrelas de guitare. "Assume" va presque trop loin dans
les jeux de miroirs déformants avec cette espèce de
guitare sur-aigüe quasi hard 70s noyé dans des breaks
de batterie et le chant inquiétant de Mark E. Smith (MES
pou les intimes). Et de nouveau un petit coup de "Midnight
Aspen" comme pour mieux déstabiliser avec des
enchaînements déchaînés. Arrive
l'épique "Blindness" et sa basse terroriste,
inarrêtable, incroyablement vorace: là le groupe se
ballade. MES est au top. Il marche sur des braises. The Fall
affectionne particulièrement ces rythmiques lourdes mais
pas vulgaires, ce fracas guitare/basse/batterie si commun mais à
partir duquel on peut tordre beaucoup de clichés avec un
peu d'audace: en recherchant par exemple cet ensemble bourdonnant
dans lequel pourront fleurir avec délicatesse les petites
trouvailles inédites de chacun et surlequel pourra se
poser aisément le chant inimitable et tellement
imprévisible du MES. "Clasp Hands" fait le
ménage avant qu'on se morde la langue de bon matin sur
"Early days of Channel Führer". Tout est dit ou
presque, The Fall est de retour, les têtes tombent,
roulent, rebondissent comme...une putain de balle rebondissante!
Bong Bong Bong Bong! Nico.
|
 |
The
Slow Slushy Boys "Love & Affection"
(B-Soul) Excellent nouveau
10’’ des Slow Slushy Boys, dansant à souhait
comme d’habitude! Dix titres au compteur de ce disque. Cinq
compos parmi lesquelles les imparables singles « When
Will We Get The Power? » (édité en deux
parties à l’ancienne sur la version 45t) et « Slush
Puppy ». Et cinq covers dont un titre phare de
Nathaniel Mayer, « I Want Love & Affection »
(40 ans d’âge), du Arthur Conley et du Ike Turner,
entre autres. On retrouve l’ambiance du LP « Benny
Gordini With The Teen Axel Soul Arkestra », un vrai
classique soit dit en passant, parfait pour l’apéro!
Soul, r&b, 60s, jerk, le cocktail est on ne peut plus au
point sur ce « Love & Affection ». La
voix claire du Slushy Ruin, l’orgue de Teen Axel, les
cuivres déchainés et le groove qui se dégage
de l’ensemble mettent vraiment le feu. Et putain quel son!
Ce Djan qui oeuvre aux manettes sur nombre de productions Larsen
est un vrai génie du studio. Une réussite. LL.
|
 |
The
Ex "Singles.Period" (Vicious Circle/Wagram) Une
bien bonne idée que cette compilation de singles (période
1980-1990) de ce fameux groupes hollandais qui sévit
depuis de longues années. On perçoit ainsi toutes
les facettes musicales du groupe et leur constant engagement
politique (écoutez par exemple "Apathy Disease"
ou "Weapons For El Salvador"). La tonalité
générale est un noise-punk tendu, presque tout le
temps sur la brèche, avec une basse impressionante sur de
nombreux morceaux, un son de guitare souvent rouillé mais
particulièrement perçant et un chant tantôt
sauvage tantôt plus posé ("Gonna Rub the
Spermbank"). Le groupe s'est également ouvert au fil
des années à des rythmiques plus "loose"
ou plus expérimentales, se penchant ainsi sur le free jazz
et les musiques folkloriques ou tribales du bout du monde. On
leur doit d'ailleurs d'avoir été dans les premiers
à encourager le tout puissant orchestre Konono N°1 de
Kinshasa. En fait on leur doit beaucoup de choses dont une
intégrité exemplaire que peu de groupes actuels
possèdent. Bref, ne vous privez pas de ce coup de
flashback sur ce groupe essentiel. Nico.
|
|

|
Tokyo
Electron
"s/t" (Shattered – Empty) Des
disques de garage punk, il en sort tous les mois. Ce premier LP
de Tokyo Electron est à classer bien au-dessus du lot,
croyez-moi! Un chef d’oeuvre, blues et trash à ses
heures. Du desert punk comme le disent Ryan Wong et ses acolytes.
On peut dire qu’il ne fait pas semblant notre ami! Il a du
talent et le prouve. Le disque commence plutôt
tranquillement et le rythme s’accélère peu à
peu, ça vire même au furieux par moments. Il nous
amène au pays des Oblivians, du early Jon Spencer en
quelque peu plus arrogant et parfois aussi des Reatards (cf le
punk « Miss Ojos » ou les effets sur « When
You Hear Me ») dont Ryan est par ailleurs toujours
batteur. En tout cas, il est loin de se cantonner à un
seul style. A titre d’exemple, « I’m
Worhty », titre garage crade 60s par excellence de par
son omniprésent clavier, sort de nulle part et s’intègre
pourtant parfaitement à l’ensemble. C’est
qu’il y a une griffe Tokyo Electron. Quand on écoute
des tubes imparables comme « Make Me Bleed »
ou « Dark Skin Lady », on comprend assez
vite. Je ne parle pas de tubes à la Franz F., vous
comprendrez si vous allez vérifier par vous-mêmes!
D’ailleurs, c’est fortement conseillé! LL.
|
|

|
Cheeraks/Normals
"Rock'n'Roll Protocol is a big baboom!" 10"
(Yakisakana) Beaucoup vous le diront et ils auront
raison: l'Est est en train de bouffer le garage hexagonal à
toute vitesse. On ne compte même plus le nombre de groupes
qui déboulent de là-bas, quelque part entre Nancy,
Strasbourg et Metz, sur une route départementale où
les plus beaux secrets ne se dissipent jamais avec les brumes
matinales, où le froid pique les défricheurs
jusqu'à l'os, jusqu'à ce big baboom inédit
et tellement chaud. Cheeraks et Normals se partagent Seb et Nick
Normal alors que Meeloo (génial graphiste de toutes les
pochettes Yakisakana) ne joue que dans les premiers et Cheb Samir
dans les seconds. Les Cheeraks attaquent leur élocution
vinylique sur des airs de faux-calmes, tâtant de la corde à
vide, malmenant des ambiances avant-jazz et après-rien
comme un rond-point magnifique qu'on ne veut jamais quitter. Et
pourtant l'orgue d'une fête foraine depuis longtemps
terminée indique que la caravane a bougé. La nuit
passe vite et voilà déjà la deuxième
étape, entamée avec un enthousiasme débordant:
"World's gonna be a better place!" est un brûlot
garage qui ramène aux meilleurs moments des Lord High
Fixers et King Sound Quartet. Le groupe sait casser les rythmes
pour rendre l'aventure plus haletante. Ainsi "Ring of Fire"
est une reprise dissonante et délirante de la fameuse
chanson de Johnny Cash. Comme une odeur de jean cramé.
Puis c'est gin & juice sur le rhythm'n'punk déviant de
"Hunny Bunny" qui se termine de façon très
bizarro-noisy avec une basse écran-neige. On. Off. On. Et
le speech final, ce cinglant et enflammé "Lord's
becoming wild again" est un country-jazzy-gospel qui devrait
ravir le Rev. Beat Man. Convaincant. Après ça les
Normals semblent avoir aux premiers abords avoir un son presque
plus...normal que les disjonctés de l'autre face. Mais
attention. "I don't know the reason why" s'appuie sur
une rythmique solide mais à l'occasion tordue avec force.
Les normaux sont, ici aussi, en roue libre. Certes ils ont changé
de pignon mais le François est toujours là. Et ça
dépote! Comme un Thundercrack bien nerveux, orgue en plus.
Les compos claquent comme les encouragements des supporters sur
ces cuisses imposantes. Et il y a toujours le son, le cri, le
break inattendu, le virage plus ou moins serré comme un
café irlandais qu'on ne sait plus comment avaler. Et c'est
quoi toutes ces tasses qui traînent? "Leave the
kitchen clean". Dans ta gueule Mr. Propre. Et puis la brise
inspire le soulful "Tough Job" qu'on expire
éternellement sur "What dying is about". Putain
de grand disque. Nico.
|
|

|
The
Duane Peters Gunfight
"s/t"
(Disaster) Punk!!! Eh ouais, pour du bon vieux punk
à l’ancienne, Duane Peters est l’homme de la
situation. Comme si US Bombs et The Hunns ne lui suffisaient pas,
le voici de retour dans une formation inédite. Ses deux
groupes en stand-by, il devait s’ennuyer, cinq coups de fil
plus tard, c’est reparti. Il ne s’arrête
jamais. Avec un putain de moteur punk 77 au cul et la fabuleuse
voix éraillée de Duane comme marques de fabrique,
ce disque lorgne vers le rock n’ roll et le early hardcore,
plus que les autres projets du bonhomme. Il débute par une
improbable rencontre entre Turbonegro et Motörhead et
s’achève par une ritournelle country punkisante
(Duane y déclare sa flamme avec une voix encore plus
défoncée que d’habitude, culte). Entre les
deux, aucun temps mort. Loud fast rules!!! LL.
|
|

|
Gospel
Swingers "s/t" (Lonestar) Sortie posthume
de cet album des Gospel Swingers, groupe d'Austin dans lequel on
retrouvait un certain Alex Cuervo (ex Blacktop/King Sound
Quartet, actuellement dans This Damn Town) à la basse et
des ex Fireworks. Un groupe qui a su parfaitement mélanger
le bouillonant héritage garage-punk texan avec le soulful
garage de Memphis. Ajoutez à ça deux briscards pas
maladroits derrière les manettes, les célèbres
Mike Vasquez et Tim Kerr, et vous obtenez un disque bien sauvage.
Une énergie très "live" se dégage
de ces chansons brûlantes comme l'asphalte en plein cagnard
mais également humides à s'en casser les os à
l'occasion (comme sur le bluffant "Last Call"). Le
mariage bruyant et épiçé de l'harmonica et
de l'orgue est célébré jusqu'au matin sur un
rythme trépidant. Mais comme tous les grands groupes, les
Gospel Swingers savent également ménager avec
talent les baisses de tempo, tel un boxer entre deux rounds.
Ecoutez par exemple ce "Storyville, 1844", instru jazzy
où orgue et clarinette se répondent à la
perfection. Au final un disque bien fumant à ne pas
louper. Nico.
|
|

|
Grégoire
4
"Eternelles
Compulsions" (APC) Sept
ans après un premier album sorti sur Twin Fizz, voici le
retour de Grégoire 4! Avec un nouveau line-up en prime.
Grégoire Garrigues mène toujours le bal au chant et
à la guitare, il compose également tous les
morceaux, seul ou parfois en compagnie de son compère F.
Robert Lloyd, le cinquième Grégoire 4. Une chose
est sûre, ils ne se contentent pas de se répéter.
L’album éponyme faisait clairement dans la pop fuzz
60s a-go-go. Alors oui, on retrouve cet esprit sur « Soir
de Juin » (excellent, featuring Jon Von à la
guitare!), « Eternelles Compulsions » ou
« Eloigne Toi De Moi », les morceaux les plus
rapides, dansants à souhait. Mais sinon, le disque se
compose d’un habile mélange de chansons et de pop
songs. A la manière des EP cartonnés des 60s!
Tantôt rock n’ roll, tantôt mélancolique,
toujours accrocheur. On notera l’impressionnante diversité
des sons de guitare (y’a du matos!) et la production
particulièrement impeccable. Seul bémol, trop de
choeurs à mon goût. Watch out, this is NOT your
typical average garage band! LL.
|
|

|
Fatlip
"The Loneliest Punk" (Delicious Vinyl) Autre
retour très attendu: celui de Fatlip du groupe Pharcyde.
Pharcyde était un des groupes west-coast (très
influençé east coast d'ailleurs) les plus orginaux
des années 90 et a laissé notamment un album
intitulé "Bizarre Ride II The Pharcyde" devenu
classique. Le Fatlip cependant a été vite submergé
par le succès et ne voulant pas en entendre parler et il
s'est même retrouvé éjecté du groupe.
S'en suivront pas mal de galères pour enfin parvenir à
lancer correctement une carrière solo. "Loneliest
Punk" est en la première preuve "sérieuse".
Oui des guillemets là parce que le Fatlip est un sacré
louistic au flow élastique. Il a retrouvé la force
d'aller de l'avant et de se prendre en main grâce à
un petit court-métrage que lui a consacré le
réalisateur Spike Jonze (intitulé "What's up
Fatlip?" et trouvable facilement sur le site Delicious
Vinyl, je vous le conseille c'est excellent). Sur "Loneliest
Punk", Fatlip se la joue d'entrée de jeu à la
O.D.B. Ok il est incomparable avec le regretté rappeur du
Wu Tang ("who said I was on crack? You're the motherfuckin'
liar!") mais il a connu aussi son lot d'errances et apprécie
"quasiment" tout autant les déviances textuelles
(flow de poivrot, rimes élastiques...) et musicales
(l'exotisme de "First Heat", le délirant skit de
"Bassline", les choeurs acides de "Writer's
Block"). Cependant le Fatlip trouve bien sa propre voie, les
productions grassement funk tapent bien et il conte sa traversée
du désert avec pas mal de mordant...et d'honnêteté,
chose plutôt rare dans le hip-hop actuel. Check it out.
Nico.
|
|

|
Bernocchi/Budd
"Music For
-Fragments From The Inside-"
(Sub Rosa) Superbe collaboration entre Harold Budd,
l’un des piliers de l’ambient, et Eraldo Bernocchi,
maitre des sons d’ailleurs qui a entre autres collaboré
avec Mick Harris et Bill Laswell. Ce disque est une création
enregistrée live au centre d’art contemporain de
Siene (Italie). Budd improvise des suites de notes et d’accords
au piano tandis que Bernocchi balance tour à tour nappes
ambient, sons de percus légères et variées
(tablas et dérivés), rythmes drum n’ bass,
loops de guitare etc. Il possède une bonne réserve
de sons qu’il maitrise parfaitement. Cet ensemble continu
de sept plages s’avère extrêmement dépouillé.
On se croirait au beau milieu d’un film. Effet apaisant
garanti. Fort heureusement, l’inexistence du public nous
permet de profiter pleinement de ce moment magique. A écouter
de préférence la nuit, pas avant 23h. LL.
|
|

|
Karate
Party "Black Helicopter" (S-S) Belle
initiative du label S-S de Sacramento que cette compilation de
Karate Party - le groupe de Chris Woodhouse, producteur des A
Frames, Intelligence, Hospitals, etc. - où l'on retrouve
notamment les titres de leur unique ep de 1998, agrémenté
ici de nombreux inédits. Le terrifiant "One two three
four" d'ouverture donne le ton avec un noise punk hyper
nerveux et agressif dans la lignée des meilleurs groupes
du label Amphetamine Reptile. Le groupe se distingue par sa
capacité incroyable à insuffler des espaces dans un
son lourd et bruitiste, renforçant ainsi le côté
accrocheur de leur compos et poussant la sauvagerie à son
paroxysme. Ecoutez par exemple le magnifique "Pressure"
ou "She's got spawn" qui sonne d'ailleurs vraiment
comme du A Frames. N'oublions pas mon titre préféré
l'épique "Quality" où le riff de guitare
sans fin me transperce la tête dans tous les sens à
chaque écoute. Grand disque. Nico.
|
|

|
The
Psychic Paramount
"Gamelan Into The Mink Supernatural"
(No Quarter) Premier album d’un trio
new-yorkais de trois ans d’âge découvert
récemment aux Instants Chavirés en ouverture des
Hospitals. Plus qu’une bonne surprise, une vraie baffe! A
l’image de leur show, ce disque est à la fois
hypnotique et fascinant. Ca scotche sur place, tout simplement.
The Psychic Paramount propose de longues plages de noise
instrumentale. Au sens propre du terme puisque guitare, basse et
batterie sont poussées à bout, aussi bien
indépendamment qu’ensemble. Ce n’est pas de
l’ordre de l’expérimental, ça reste
donc abordable pour les novices du genre. A l’exception
peut-être de « X-visitations », 100%
noise ambient. Ca peut sembler paradoxal et pourtant...! Au pic
de son explosion sonore maîtrisée, le groupe me
rappelle les belles heures de Massacre, trio rassemblant
notamment Fred Frith à la guitare et Bill Laswell à
la basse. En tout cas, que ce soit chez soi ou dans un club, The
Psychic Paramount captive au point qu’une demi-heure semble
durer dix minutes. On en voudrait encore plus. C’est très
bon signe. A noter que le CD contient justement en bonus des
images de la tournée US de 2004 (en super 8, oldschool et
classe). LL.
|
|

|
Black
Lips "Let It Bloom" (In The Red) Troisième
album très attendu des espiègles Black Lips
d'Atlanta. Le premier sur In The Red. On retrouve avec plaisir
leur enthousiasme débordant, leur folie, leurs numéros
d'équilibriste grisés par le vide et constamment le
nez dans le gouffre sans jamais tomber. Il y a encore quelques
belles compos punchées qui remémorent le meilleur
des compiles "Back From The Grave". Mais il y a aussi
une évolution "flower punk"/psych punk 60's avec
des titres bien perchés mais terriblement prenants comme
"Boomerang" ou le francophile "Hippie, Hippie,
Hoorah". N'oublions pas l'étincelant "Not a
problem" et son tricot de riff bien accroché qui
tournoie magnifiquement au dessus de nos petites têtes
chancelantes. Terrible mid-tempo aussi que le stonien
"Everybody's doin it" où on retrouve les choeurs
traînants et tellement attachants de nos gaillards (écoutez
également "Dirty Hands"). Et souvenez vous de
leur célèbre "aaaaaaah" au début
de chacun de leurs shows. On sent que toutes ces nouvelles
chansons ont été rôdées jusqu'à
la moëlle pendant leurs incessantes tournées
(notamment avecKing Khan qui leur a même enregistré
quelques titres). On perçoit bien vite que ces nouvelles
compos pourront aller jusqu'à titiller les esprits des
garageux les plus puristes. Et mouvoir ces derniers mieux que 2
Unlimited les soirs de débauche. Let it bloom, mofos!
Nico.
|
|

|
The
Bloody Hollies "If Footmen Tire You..."
(Alive) Voilà un disque qui donne la pêche.
The Bloody Hollies ne se sont pas uniquement inspirés du
nom de Buddy Holly, ils se sont aussi accaparés son esprit
rock n’ roll. Mais on n’est plus dans les 50s,
allright, on est en 2005. Le rnr passe par l’électricité.
Ces gars-là ont du faire péter le disjoncteur plus
d’une fois. Si les White Stripes avaient continué à
nous étonner, s’ils s’étaient acheté
d’autres guitares plutôt qu’un piano, « Get
Behind Me Satan » se serait appelé « If
Footmen Tire You... ». On pense tout de même à
leur premier album. En plus hargneux. Les voix de Wesley Doyle et
Jack White sont relativement similaires, ça facilite les
comparaisons. C’est peut-être aussi l’excellent
boulot de Jim Diamond aux manettes. Mais ça ne suffit pas.
The Bloody Hollies ont beaucoup de talent, il en faut pour pondre
onze plages de ce genre. Ne faites pas l’erreur de vous
arrêter à la pochette simpliste et bizarre de ce
disque! LL.
|